1) L'hépatite A
2) L'hépatite B
3) L'hépatite C
4) L'hépatite D ou hépatite Delta
5) L'hépatite E
6) L'hépatite auto-immune
7) Les autres hépatites

Les hépatites virales
hépatite A (VHA) hépatite B (VHB) hépatite C (VHC) hépatite D* (VHD) hépatite E (VHE)
Hépatite G
Découverte en
1973
1962
1989
1976
1983
1995
Evolution chronique
chez l'adulte
Jamais
10% env.
85% env.
80% (1)
Jamais
80%
Evolution chronique
chez l'enfant
Jamais
90%
-
-
Jamais
-
Symptômes en phase
aigüe
fréquents
rares
rares
rares
fréquents (2)
rares
Symptômes en phase
chronique
-
rares
fréquents
rares
-
rares
Vaccin
OUI
OUI
NON
OUI (3)
NON
NON
Mode de transmission
féco-orale
Oui
Non
Non
Non
Oui
Non
transfusion (sang et
dérivés sanguins
Non
PDF
avant 1990
PDF
Non
PDF
Partage de seringues
et matériel d'injection
(cuillère,coton...)
Oui
Oui
Oui
Oui
PDF
Oui
Partage de matériel
d'inhalation (paille)
PDF
Oui
Oui
PDF
PDF
PDF
Piqûre accidentelle
Rare
Oui
Oui
Oui
PDF
Oui
Actes médicaux
invasifs
PDF
Oui
Oui
PDF
PDF
PDF
Tatouage,piercing
Rare
Oui
Oui
Oui
PDF
Oui
Partage objets de
toilettes (rasoir,
brosse-à-dent...)
Non
Oui
Oui
Oui
Non
PDF
De la mère à son
enfant
Non
Oui
Rare
Oui
Non
PDF
Transmission sexuelle
Non
Oui
Rare (4)
Oui
Non
Non
Baiser, touché,
Non
Non
Non
Non
Non
Non
Aliments, partages de
couverts
Oui (5)
Non
Non
Non
Oui (5)
Non
*) La prolifération de l'hépatite D ne peut se faire qu'en présence de l'hépatite B dont elle récupère les enveloppes (contamination postérieure=surinfection, contamination simultanée=co-infection).
(1) Dans les cas de surinfection sur une hépatite B déjà chronique.
(2) L'hépatite E est considérée comme bénigne, sauf chez la femme enceinte chez qui elle est particulièrement dangereuse, voire mortelle.
(3) Le vaccin anti-VHB protège contre l'hépatite D puisque ce virus ne peut dès lors pas trouver dans l'organisme l'agent dont il a besoin pour se reproduire.
(4) Uniquement si le rapport sexuel en question implique des risques de transmission sanguine : lésions génitales, rapports anaux, périodes des règles...
(5) Dans les pays à forte endémie, les aliments crus et l'eau sont potentiellement infectieux ; c'est pourquoi il convient de les cuire et de boire de l'eau minérale en bouteille hermétiquement fermée.
PDF = Pas de données fiables
Pour contaminer, le sang a besoin d'une porte de sortie ET d'une porte d'entrée (avec ou sans intermédiaire tel une seringue) !


1) L'hépatite A

L'hépatite A est une inflammation aigüe du foie, provoquée par la présence d'un virus (VHA), identifié en 1973 dans les selles de malades. Sa transmission se fait typiquement par voie oro-fécale, de la même manière que pour le typhus, par exemple. Le virus s'introduit par voie orale, puis est excrété avec les selles. La maladie se manifeste fréquemment par des épisodes épidémiques liés à des collectivités (casernes, écoles, jardins d'enfants...) ou à des zones urbaines, surtout lorsque le foyer d'infection se situe au niveau des réseaux de distribution d'eau potable.

Dans la majorité des cas, l'infection est suivie de symptomes manifestes, tels que ictère (jaunisse), manque d'appétit, fatigue... Des cas d'infection asymptomatique sont toutefois possible et rendent alors le diagnostic plus difficile. Il existe également des cas, heureusement rares, d'infection graves avec hépatite fulminante, qui mettent en danger la vie du malade.

Dans l'infection classique par le virus de l'hépatite A, la période d'incubation est de trente jours (phase intermédiaire entre la contamination de l'organisme par le virus et l'apparition des premiers symptomes) ; durant cette période, les symptomes sont de type pseudo-grippaux : fatigue, nausées, vomissements, inappétence, douleurs musculaires et/ou articulaires, petits épisodes fiévreux. Ces symptomes disparaissent après quelques jours et sont remplacés par d'autres : urines de couleur sombre et ictère. Les valeurs sanguines des transaminases et de la bilirubine augmentent, signes des dommages hépatiques en cours. Après vingt à trente jours, l'ictère disparaît et la maldie se conclut généralement par une guérison spontanée et complète. L'hépatite A ne devient jamais chronique ! La période durant laquelle le malade est contagieux commence deux à trois semaines avant l'apparition de l'ictère et dure ensuite huit à dix jours.

Il n'existe donc pas de porteurs chroniques du virus VHA, c'est-à-dire de personnes qui, ayant surmontés la maladie, resteraient porteurs et transmetteurs du virus.Chez les sujets ayant eu une hépatite A, ont peu déceler des anticorps anti-VHA (de classe IgM dans la phase aigüe ou récente, de classe IgG chez les personnes déjà guéries) lors d'une analyse de sang spécifique. Ces anti-corps seront présents toute la vie durant et assurent l'immunité, c'est-à-dire la protection face à de nouvelles ataques du VHA.

Depuis 1991 un vaccin existe contre l'hépatite A ; il se fait par l'injection d'une première dose et un rappel après six à douze mois. Il confère une protection à 100% durant dix ans. Cette vaccination n'est pas obligatoire, elle n'est en conséquence pas remboursée par les Caisses maladie de base, sauf dans pour les personnes déjà atteintes par les hépatites B ou C , pour lesquelles elle est frotement recommandée, afin d'éviter une surinfection et des dommages hépatiques supplémentaires. Certaines assurances complémentaires prennent en charge les vaccinations (se renseigner auprès de sa caisse reste la meilleure des choses à faire). Ce vaccin devrait également être conseillé aux personnes qui voyagent beaucoup.

Les précautions hygiéniques pour éviter l'hépatite A sont simples : éviter de manger des aliments potentiellement infectés (fruits de mer crus, par exemple) ou de boire de l'eau de source non contrôlées. Dans les pays de hautes endémies, il faut éviter de manger tout ce qui est cru et n'y boire que de l'eau minérale en bouteilles hermétiquement fermées.

Enfin, il n'existe pas de traitements médicaux spécifiques en cas d'infection par l'hépatite A

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2) L'hépatite B

Le virus de l'hépatite B (VHB) se concentre, après la contamination, dans les cellules du foie où il trouve un foyer propice à sa réplication, engendrant une inflammation augüe qui peut aboutir à une forme chronique. Les modes de tramsission de cette maladie hautement contagieuse (100 fois plus que le VIH/SIDA) sont multpiples : partage de seringues et accessoires d'injection de produits stupéfiants, partage de paille lors d'inhalation de stupéfiants (cocaïne, par exemple), piqûre accidentelle avec du matériel médical infecté (risque VIH/SIDA=0,3%, Hépatite C =3%, Hépatite B =30%), actes médicaux invaisfs, tatouages, piercing, partage d'objets de toilettes (rasoirs, brosses-à-dents, coupe-ongle...), de la mère à son enfant, par voie sexuelle. Dans la majorité des cas (90%), l'infection est asymptomatique, c'est-à-dire qu'aucun signe visible ne laisse présager la présence du virus dans le corps. Dans de rares cas, un ictère peut apparaître.

L'hépatite B peut évoluer de trois manière distincte :

1) L'état de porteur sain désigne les sujets chez qui le virus est présent dans les cellules hépatiques, mais toléré par le système immunitaire qui ne l'agresse pas et ne provoque en conséquence pas de dommage au foie. Ce type d'évolution concerne 300 millions de personnes à travers le monde. Ces porteurs sains peuvent involontairement servir de réservoirs pour le virus et leur contagiosité est mal évaluée. Les examens sanguins révèlent alors des transaminases normales avec la présence toutefois de l'antigène spécifique de l'hépatite B (HBsAg).

2) L'hépatite B aigüe désigne l'état qui suit immédiatement l'infection par le virus, qui se caractérise par des transaminases fortement élevées (10 fois la norme environ), mais qui reste souvent, comme nous l'avons précisé plus haut, asymptomatique. L'évolution peut se faire vers une forme fulminante (0,1% des cas) durant laquelle le foie est détruit, entraînant le décès du sujet en peu de temps, si une transplantation de cet organe n'est pas réalisée, ou vers la guérison spontanée (90% des cas) avec formation d'anticorps spécifiques (AntiHBs) qui protègent d'infections ultérieures.

3) Dans les 10% de cas restant, la maladie évolue vers une forme chronique. L'élévation des transaminases est alors modeste, constante ou variable selon les périodes. On retrouve dans le sang l'HBsAG. Dans un tel cas, il est primordial de consulter un spécialiste pour définir la variété clinique exacte de l'infection et adopter un traitement thérapeutique adéquat. Dans la quasi totalité des cas, la maladie évolue de manière asymptomatique, provoquant des symptomes fugaces et sans spécificité, pouvant être confondus avec d'autres causes (stress, fatigue...) Le foie présente une inflammation qui peut être modérée ou sévère, et qui, dans 20% des cas, évolue vers la cirrhose. Cette pathologie est caractérisée par la présence de nodules irréversibles dans le foie qui empêche la circulation normale du sang, entraînant une hypertension portale. L'hépatite B est également responsable de certains cancers du foie.

La consommation d'alcool, même en faible quantité est vivement déconseillée, car elle augmente considérablement les risque de cirrhose et les complications qui en résulteraient.

Un vaccin efficace existe contre l'hépatite B ; il se fait en une injection, puis deux rappels et possède une très haute efficacité. Il est vivement conseillé chez les nouveaux-nés, les adolescents, les professionnels de la santé, les autres personnes exerçant une profession à risque (personnel carcéral, police, personnel de sécurité...), les personnes ayant une sexualité à risque ou avec de multiples partenaires, les usagers de drogues par injection et/ou inhalation et toutes les personnes vivant en ménage commun avec un malade porteur du VHB. Il est utile de rappeler qu'aucun lien n'a été établi à ce jour entre cette vaccination et le déclenchement de certaines pathologies (sclérose en plaque, notamment) ; si certains cas ont été âprement commentés en France, ils représenteraient, s'ils s'avéraient liés à la vaccination contre l'hépatite B, 0,003% de la couverture vaccinale totale.Il est utile de rappeler que 520'000 personnes décèdent à travers le monde des suites d'une hépatite B et le vaccin reste la seule arme efficace pour y remédier. A titre d’exemple, les statistiques de la Thaïlande sont éloquentes : avec une vaccination couvrant 90,4% des enfants de 0 à 5 ans, ce pays est passé, pour cette tranche d’âge, de 5,4% de porteurs chroniques de l’hépatite B à seulement 0,8%. En Italie, entre 1985 et 1996, la prévalence de cette maladie est passée de 3,4% à 0,9%, toute population confondue, suite à une intense campagne de vaccination. Et les chiffres du monde entier confirment la recrudescence des hépatites B. Le possible risque encouru, comparativement au bénéfice obtenu plaide naturellement en faveur d’une vaccination généralisée. Cette conclusion se renforce encore lorsque l’on sait que l’origine de la polémique relève plus du battage médiatique que de données scientifiques, du reste inexistantes.

En 1981, la Suisse, en particulier à Zurich, a fait oeuvre de pionnier au niveau mondial pour la vaccination des personnes à risque. Les personnes vaccinées étaient certes bien protégées, mais, à l’exception du personnel médical, seule une petite proportion des personnes à risque a pu être vaccinée. Globalement, l’impact de la vaccination est donc resté limité. Ce phénomène a été observé au niveau mondial, raison pour laquelle l’Organisation mondiale de la santé a recommandé en 1992 d’introduire la vaccination de tous les nourrissons et/ou les enfants en âge scolaire dans les programmes nationaux de vaccination d’ici à 1997.

Depuis 1998, la recommandation de vacciner tous les enfants de 11–15 ans contre l’hépatite B a été adoptée en Suisse. Cette mesure complète les recommandations précédentes de vaccination des personnes avec un risque reconnu et de vaccination des nouveau-nés de mères infectées.

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3) L'hépatite C

En Suisse, l'hépatite C touche au moins 70'000 personnes, mais sans doute beaucoup plus, car la plupart des malades n'a pas encore été dépisté.

Lors de l'infection, l'hépatite aiguë C est très souvent asymptomatique, rarement ictérique. Les formes graves sont exceptionnelles. En opposition avec le virus B, l'évolution chronique est extrêmement fréquente quel que soit l'âge de la contamination (70%).

En cas d'évolution chronique, une cirrhose se développe en 10 à 20 ans dans 20 % des cas. Les complications cliniques de la cirrhose sont plus rares. Le risque de cancer du foie n'existe pratiquement qu'en cas de cirrhose et dans 20 % des cas ; quand il se développe c'est en général 20 à 30 ans après la contamination.

Le risque évolutif n'est pas différent selon les différentes souches virales, même si certaines (génotype 1) sont plus résistantes au traitement.

En pratique, pour les couples ayant une vie sexuelle stable, le préservatif ne s'impose pas en dehors de la période menstruelle (si la personne potentiellement contaminante est la femme) ou en cas de lésions génitales avec brèche muqueuse. En cas de partenaires multiples, le préservatif s'impose. Vis à vis du partenaire sexuel mais aussi des personnes vivant sous le même toit, il faut éviter le contact potentiel de sang à sang en proscrivant le partage d'objets de toilettes tels que le rasoir, la brosse à dents, le matériel de détartrage dentaire, le coupe-ongles, le matériel d'épilation. Embrasser son entourage ne comporte aucun risque. Les utilisateurs de drogue par voie veineuse doivent utiliser des seringues à usage unique mais aussi ne pas partager le matériel utilisé pour préparer l'injection (coton, cupule...). Le risque de contamination lors d'usage de drogue par inhalation n'est pas exclu. La transmission de la mère à l'enfant lors de l'accouchement est rare. L'inscription en crèche ou en maternelle ne pose pas de problème. Le matériel servant à tatouer ou à faire des piercing est potentiellement aussi très contagieux et il faudrait s'abstenir de faire appel à des tatoueurs ou pierceurs dont le matériel ne présenterait pas toutes les garanties d'hygiène.

En Suisse, les personnes ayant reçu une transfusion de sang avant1992 ou des dérivés sanguins avant 1987 devraient également se faire dépister.

Le traitement est basé sur l'interféron, à raison d'une injection sous cutanées par semaine pour une durée de 6 mois à un an. Ce médicament, comportant des effets indésirables (fatigue, modifications de l'humeur, fièvre et courbatures), permet cependant, le plus souvent le maintien des activités quotidiennes, de façon toutefois un peu réduite. Certaines personnes peuvent avoir des effets indésirables plus marqués (anémie...) lorsque l'interféron est associé à un médicament par voie orale, la ribavirine.

En cas de cirrhose compliquée ou de petit cancer, la transplantation est à envisager avec une survie observée cinq ans après dans plus de 70 % des cas.

La consommation d'alcool, même en faible quantité, est vivement déconseillé, non seulement parce qu'il est mauvais pour le foie et peut accélérer la survenue d'une cirrhose, mais aussi parce qu'il amenuise sensiblement l'effet du traitement anti-VHC.

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4) L'hépatite D ou hépatite Delta

Le virus de l'hépatite D (VHD) est un viroïde «parasite». Il ne se multiplie que lorsqu'il peut utiliser les enveloppes vides du virus de l’hépatite B (VHB) et donc seulement en sa présence. C’est pourquoi une hépatite D s’accompagne toujours d’une hépatite B. Le vaccin contre l’hépatite B protège également contre l’hépatite D. Bien que considérée comme rare en Suisse par les autorités sanitaires, cette affection pourrait touché plusieurs milliers de personnes dans notre pays.

Ce virus surinfecte entre 5 et 20% des porteurs de l'hépatite B, surtout sur le pourtour méditerranéen, en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud.

Deux schémas de contamination sont possibles. Soit le patient s'infecte directement avec les virus de l'hépatite B et D en réalisant une hépatite aiguë, soit chez un patient porteur d'une hépatite chronique B, il se surinfecte avec le virus Delta. Les modes de contamination semblent identiques à celui de l'hépatite B. Les contaminations sexuelles et sanguines sont prouvées. Les patients toxicomanes peuvent ainsi s'infecter par leur pratique (injection, inhalation) ; des cas de transmission par transfusion ont également été décrits. La contamination par la salive reste très controversée pour l'hépatite Delta.

L'évolution de l'hépatite D est en fait parallèle à celle de l'hépatite B avec la différence significative que la co-infection VHB/VHD augmente le taux de passage à la chronicité, provoquant des maladies plus rapidement évolutives vers la cirrhose. Les risques d'hépatocarcinomes (cancers du foie) sont identiques à celui de l'hépatite B.

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5) L'hépatite E

L'agent pathogène est le virus de l'hépatite E (VHE), isolé par les scientifiques en 1983. Il est comparable au virus de l'hépatite A, bien que plus fragile, et provoque à peu près la même maladie, caractérisée par une forme aigüe, n''évoluant cependant jamais vers une forme chronique. Le mode de transmission est également féco-oral. Ces dernières années, des épidémies touchant des milliers de personnes se sont déclenchées dans les pays émergents et les pays du tiers-tonde. En Suisse, seuls de très rares cas ont été déclarés, même parmi les touristes. Des cas de contamination par transfusion sanguine ont dans de très rare cas été rapportés.

Les femmes enceintes sont particulièrement exposées aux complications liées à ce virus, avec un taux de mortalité de l'ordre de 20%.

Il est à noter qu'aucun vaccin et aucun traitement n'existe à ce jour contre l'hépatite E.

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6) L'hépatite auto-immune

C'est une affection hépatique non virale, provoquée par un conflit entre des antigènes de l’organisme et des auto-anticorps dirigés contre ses antigènes. Elle est due à une destruction d'hépatocytes par les anticorps de l'organisme. Ces anticorps ont pu être initialement fabriqués contre des bactéries ou des virus. La ressemblance moléculaire entre certaines cibles infectieuses et les tissus hépatiques engendre la confusion.

Le diagnostic d’hépatite chronique auto-immune, qui atteint plus souvent la femme que l’homme, doit être posé devant: des manifestations cliniques comportant des poussées ictériques, une asthénie, une fièvre, une hépatomégalie, des signes extra-hépatiques (arthralgies, éruptions) ; ces manifestations cliniques sont souvent absentes. A l’inverse, elle peut se manifester comme une hépatite aiguë (élévation marquée des transaminases), qui peut être sévère (diminution du taux de prothrombine) et des signes biologiques, principalement hypertransaminasémie, augmentation des IgG, présence d’auto-anticorps, négativité des marqueurs viraux.

L’hépatite auto-immune de type 1 est caractérisée par la présence d’anticorps anti-muscles lisses de spécificité anti-actine. L’hépatite auto-immune de type 2 est caractérisée par la présence d’anticorps anti-liver-kidney microsomes de type 1 (anti-LKM1) et des anticorps anticytosol.

En cas d’hépatite chronique active auto-immune, le traitement repose sur la corticothérapie, éventuellement associée à l’azathioprine .Le traitement est institué chez les patients ayant une hépatite histologique sévère ou une cirrhose. Chez les patients ayant une hépatite histologique minime, l’indication thérapeutique est déterminée par les symptômes. Le taux de rémission initial est de 80 %. Il faut trouver la dose minimale efficace qui maintient les transaminases normales. La décroissance doit être lente pour éviter les rechutes. Chez quelques patients, la rémission à long terme peut être maintenue avec l’azathioprine seule. L'évolution est très prolongée avec des rechutes fréquentes à l'arrêt trop précoce du traitement.

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7) Les autres hépatites

L'hépatite G :
Le virus de l'hépatite G a été découvert en 1995. Des laboratoires de recherche l'ont isolé à partir du sérum de malades ayant présenté une hépatite virale aiguë non A, non B, non C, non D, non E : ce nouvel agent, a été baptisé, virus de l'hépatite G. Celui-ci ne semble pas pouvoir donner de maladies chroniques du foie ni aggraver les autres maladies virales. Il semble donc que son titre "d'hépatite virale" soit usurpé, et l'on pourrait dire : "L'hépatite G n'est pas une maladie hépatique." Tous les modes de transmission ne sont pas connus, mais il semble acquis qu'il existe une transmission sanguine par les concentrés de globules rouges. Les produits stables ont pu être contaminés avant les procédures d'inactivation, appliquées pour le virus de l'hépatite C, qui sont également actives contre le virus de l'hépatite G. Des transmissions sexuelles ainsi que de la mère à l'enfant ont été rapportées. On note aussi des transmissions nosocomiales, mais c'est encore la transmission par toxicomanie intraveineuse, qui reste la cause la plus importante de contamination.

Le GBV-C :
Découvert par un chirurgien, ce virus envahit surtout les hépatocytes, mais ne provoque aucune maladie.

Virus TT, virus SANBAN, minivirus TT-Like, virus SEN et virus sentinelle :
Ils appartiennent tous à une même famille de virus et envahissent aussi les hépatocytes, sans provoquer toutefois de maladie connue jusqu'ici.

Il est à noter que les hépatites peuvent également être vasculaires, toxiques (alcool, amanite phalloïde...), médicamenteuses, en l'absence de toute agression virale et de toute réaction auto-immune.

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